Affaire Rockstar Games | De nouvelles révélations accablantes pour les deux parties
Quelques heures après le rendu du jugement du juge, concernant l’audience préliminaire du procès entre Rockstar Games et l’IWGB, le média indépendant People Make Games apporte de nouveaux faits dans l’affaire.
C’est une série qui pourrait clairement avoir le droit à son adaptation Netflix, quand on voit tous les rebondissements autour de cette dernière. Depuis début novembre et le licenciement des 34 employés de Rockstar (31 chez Rockstar North et 3 chez Rockstar Toronto), pas une semaine ne passe sans de nouveaux rebondissements. Après quelques semaines de répit, le temps des fêtes, l’affaire est répartie sur les chapeaux de roues, début janvier, avec l’ouverture du procès et une audience préliminaire.
Une première manche en faveur de Rockstar, avec une requête de l’IWGB rejetée et un juge qui donne, pour le moment, raison à Rockstar Games. La firme étoilée n’est cependant pas sortie d’affaire, loin de là, puisque le procès ne fait que commencer et que tous les faits n’ont pas été évoqués.
Depuis le début de l’affaire, Chris Bratt, journaliste du média indépendant People Make Games suit l’évolution et apporte de nouveaux éléments. C’est le cas aujourd’hui à travers une nouvelle vidéo de 40 minutes qui nous dévoile encore des révélations accablantes, mais pour les deux parties.

Historique des faits récents autour de Rockstar Games
2024 :
- 29 février 2024 : Rockstar Games annonce la fin du télé-travail et le début de la phase finale du développement de GTA 6 (lire l’article)
- 2 mars 2024 : L’IWGB apporte son soutien aux salariés de Rockstar (lire l’article)
- 23 mars 2024 : De nouveaux témoignages anonymes confirment des soucis de communications chez Rockstar (lire l’article)
Novembre 2025 :
- 3 novembre 2025 : Rockstar licencie une quarantaine d’employés pour «faute grave» (lire l’article)
- 6 novembre 2025 : Première journée de mobilisation organisée par l’IWGB
- 7 novembre 2025 : La situation se dégrade, Rockstar dément les accusations de l’IWGB, un témoignage anonyme confirme l’ambiance chaotique (lire l’article)
- 8 novembre 2025 : Des vétérans de Rockstar London quittent l’entreprise (lire l’article)
- 10 novembre 2025 : Strauss Zelnick, le PDG de Take Two Interactive, visé par une plainte pour harcèlement sexuel, fraude et licenciement abusif (lire l’article)
- 14 novembre 2025 : Vidéo de People Make Games, plante de l’IWGB, lettre ouverte et parlement britannique… (lire l’article)
- 23 novembre 2025 : Le procès de Strauss Zelnick reporté au 6 janvier 2026 (lire l’article)
- 24 novembre 2025 : Les premiers messages responsables du licenciements partagés par People Make Games (lire l’article)
- 28 novembre 2025 : Le parlement écossais appelle au soutien des employés licenciés et menace Rockstar de se saisir de l’affaire (lire l’article)
- 30 novembre 2025 : Documentaire Rockstar Mag’ pour tout comprendre sur l’affaire (voir le documentaire)
Décembre 2025 :
- 10 décembre 2025 : Le parlement confirme son intention d’ouvrir une enquête (lire l’article)
- 11 décembre 2025 : Rockstar Games prend la parole et confirme les fautes graves (lire l’article)
- 12 décembre : Réponse de l’IWGB qui accuse Rockstar de diffamation (lire l’article)
Janvier 2026 :
- 8 janvier : Une première audience préliminaire devant le tribunal du travail britannique (lire l’article)
- 13 janvier : Le juge rejette la demande de l’IWGB concernant la mesure provisoire (lire l’article)
- 14 janvier : De nouvelles révélations accablantes par People Make Games (article actuel)
People Make Game apporte un peu de contexte
Grâce à cette nouvelle vidéo de People Make Games, nous avons le droit à un peu plus de contexte concernant cette audience préliminaire. Le média confirme que cette audience n’était qu’une demande provisoire, de la part de l’IWGB. L’objectif était de demander une mesure provisoire au juge, afin de rétablir le paiement des salaires, réintégrer les salariés licenciés et rétablir les visas de travail. Cette audience n’a pas été en faveur du syndicat, puisque la demande a été rejetée. En revanche, le procès est très loin d’être terminé, étant donné que le juge n’a pas lu l’ensemble complet des preuves, qui s’élève à plus de 2 000 pages.
Rockstar Games sort du silence

Au cours de cette première audience, Rockstar Games a commencé à s’exprimer. Depuis le début de l’affaire, la firme étoilée était restée muette, laissant sous-entendre que Rockstar n’avait rien à dire pour sa défense. Visiblement, Rockstar préférait patienter pour, justement, préparer sa défense.
Rockstar a en effet confirmé que les employés licenciés l’ont bien été pour faute grave en divulguant des informations confidentielles sur Grand Theft Auto VI à des personnes qui ne faisaient pas partie de l’entreprise et sur un Discord de plus de 350 membres. La firme étoilée confirme que seules les personnes fautives ont été licenciées, sans aucun rapport et lien avec les syndicats. Précisant que les employés licenciés au Canada n’étaient pas syndicalisés. Et que plusieurs membres du syndicat, présents sur le Discord, qui n’ont rien révélé, n’ont pas été licenciés.
Parmi les membres du Discord, il a été confirmé que d’anciens employés étaient présents, dont un qui est désormais journaliste pour un média de jeu vidéo. Rockstar a affirmé que, suite à ces échanges, des fuites autour de fonctionnalités top secrètes de GTA 6 ont eu lieu. Rockstar affirme que la société a toujours eu une politique stricte autour des accords de confidentialités, confirmant avoir licencié des employés de Rockstar India, Rockstar Lincoln des employés américains en 2023 et 2025 pour des faits de violation de NDA.
Grâce à People Make Games, nous apprenons que Rockstar a présenté des messages d’employés insultant la direction dans le Discord, y compris des phrases telles que « salopard corporatif lâche », « va te faire foutre » et qualifiant une manageuse de « sale conne ».
People Make Games nous apporte plus de détails sur les éléments top secret. Cela concernerait la nouvelle version de GTA Online. En effet, deux des employés licenciés ont été accusés d’avoir divulgué que GTA Online V.2 proposera des sessions multijoueurs à 32 joueurs. Tandis que d’autres membres expliquaient que cette information avait émergé parce que l’équipe QA avait réservé des congés, laissant Rockstar incapable de réunir 32 personnes pour une session de test.
Concernant l’accès aux messages, Rockstar a affirmé que certains messages Discord avaient été envoyés pendant les heures de travail, ce qui, selon elle, donnait à l’entreprise le droit d’y accéder et de les examiner.
People Make Games confirme que le journaliste présent sur le Discord était Scott Alsworth, un ancien designer de Bohemia Interactive et l’officier de presse élu des Game Workers de l’IWGB. Ce dernier a écrit six articles pour la publication britannique Morning Star, dont certains faisaient référence à GTA 6. Rockstar a également confirmé qu’une dizaine de personnes sur le Discord étaient d’anciens employés qui n’avaient pas quitté le channel après leur départ de l’entreprise.
L’avocats des employés tente de faire face

Suite à ces nombreuses déclarations et accusations, il est assez difficile pour la partie adverse, les employés, l’IWGB et l’avocat Lord Henry de répondre à tout. People Make Game nous apprend que l’IWGB reproche à Rockstar d’avoir licencié un employé ayant écrit seulement un message sur le Discord. Ce dernier répondait à une question sur le Crunch, en indiquant : « Rien de ce que j’ai entendu en North QA ! Je vous tiendrai au courant si ça change bien sûr ».
Lord Henry, l’avocat des employés, poursuit en indiquant que Rockstar avait violé ses propres directives internes lors de l’enquête sur les prétendues fautes. Il a également déclaré que le droit commun anglais exige un « comportement intentionnel » pour justifier un licenciement pour faute grave.
Plus grave encore, l’avocat accuse Rockstar d’avoir espionné ses employés et même fait de l’usurpation d’identité. En effet, l’avocat accuse la firme étoilée d’avoir obtenu un accès au Discord « à l’insu des employés utilisant Discord » et s’était fait passer pour un autre membre du personnel afin de surveiller secrètement les développeurs. Ainsi, l’entreprise a accédé illégalement à des années de discussions liées au syndicat.
Une situation plus que jamais chaotique où les deux parties semblent avoir des arguments et des torts, même si, force est d’admettre que sur cette manche, le vent semble clairement en faveur de la firme étoilée. Affaire à suivre, donc.
[SOURCE]
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